la_route_vers_Pertuis



















Ce jour, une parenthèse dans la semaine, une bulle calme et solide dans le ressac, en plein soleil. Je fais tout lentement. Ce matin, dans le silence qui précède le lever de la maisonnée, je commence à écrire une histoire courte que j'ai en tête depuis un peu plus d'un an maintenant. A Riga, je racontais  combien les enfants du sud de la France attendent avec espoir le jour de neige qui les renvoie chez eux ou qui annonce  l'interruption des transports scolaires pour le lendemain : principe de précaution, jour de vacance impromptu, bien plus savoureux que n'importe quel jour de vacance dûment inscrit au calendrier. Andris Akmentis, poète et écrivain, médusé par cette anecdote si exotique à son oreille de pêcheur de carpe hanséatique, m'a demandé si j'avais écrit à ce sujet - difficile en Lettonie d'imaginer les écoles fermées à cause de la neige. Voilà, aujourd'hui, je suis en train de composer cette histoire d'un autre monde.

 

Une amie qui nous rendra visite demain me rapporte les paroles de son jeune fils - Tu te rappelles la maison de Bernard et Brigitte ? Oui, c'est là où il y a une grande enfant et où on mange comme des Japonais.
Il reconnaîtra tout, la grande enfant encore plus grande, et la soupe d'épeautre que nous mangerons autour de la table basse, à genoux  ou assis sur un coussin. J'ai toujours trouvé dommage d'interrompre les conversations lancées à l'apéritif pour passer à la table officielle. En fait, cette table, c'est mon bureau, ce n'est pas vraiment un lieu pour prendre les repas.

Miila