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J'ai beau regarder tous les sites météo disponibles sur l'E-Toile, je ne vois pas l"ombre d'un flocon de neige se profiler sur le Luberon et son piémont. Désapointée je suis.

Ce matin, j'ai mis le réveil  : un bon entraînement pour discipliner mon sommeil erratique, 20 heures par ci, 5 heures par là, écran noir sur fond de nuit blanche, nuit noire sur fond d'écran en technicolor, mon cerveau s'en balance mais quelque chose en lui s'interroge - MOI. Comme si nous étions dissociés. Je le regarde faire et quand j'en ai assez, je lis, j'écris, je dors, je parle par l'intermédiaire du miroir magique. Je ris trop fort, je ne pleure pas, je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux juste... ainsi va la chanson.

Premier module de MOOC sur le développement durable (oxymore s'il en est). Très éducation française. On s'auto-évalue à tour de bras, histoire d'apprendre par coeur les données saillantes.  Heureusement j'ai des heures de vol au compteur et je sais prendre ce qui m'intéresse : la (re) lecture de textes fondateurs que je tenais pour acquis, les dates, les noms de traités, des références qui rendent un argumentaire crédible pour peu qu'on (se) pose les bonnes questions, qu'on doute et qu'on creuse le problème, ailleurs, AILLEURS, histoire d'avancer un peu. Comme un jeu de piste en fait. Comment est-il possible d'étudier quand on a dix-sept ans ? C'est bien connu, on a des choses autrement sérieuses en tête à cet âge. Au mien, on fait la part des choses. Enfin peut-être.

Si mes cheveux ne blanchissaient pas, si mon corps m'obéissait au doigt et à l'oeil, si je pouvais faire voler mes jupes et me glorifier de choses futiles comme de chevilles étroites, d'une taille de guêpe et de longs yeux noirs, je ne voudrais pas redevenir jeune pour un empire. C'est peut-être ça mourir : se délivrer d'un medium qui se dégrade trop vite pour les besoins de la cause.

Encore Margaret Atwood à mon chevet : The Handmaid's Tale. Impressionnant de maîtrise, passionnant, tout ce que j'aime dans un roman.

Le mien prend des formes. J'en ai envoyé le premier gros tiers à mon éditrice, du coup je ne le vois plus comme avant. Je peux faire ma dentellière, couper, nouer, festonner, broder même... et puis je continue. Je me raconte cette histoire et je ne suis pas moi, c'est chouette.