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Dans le cadre de la thérapie par les arts manuels, cet aprés-midi, des amies chères m'ont entraînée dans l'atelier de Gérard Gazeau, à Grambois, en pleine cambrousse, pour y apprendre à confectionner un castel. Adeptes de la taille 36, cessez de lire.

Des amandes grises, c'est à dire avec leur peau, réduites en poudre, du sucre glace, de la farine, un soupçon de lait, des oeufs battus en neige ferme qu'on incorporera ; le tout mélangé, étalé sur 1cm d'épaisseur cuira 40 minutes à 150° (à surveiller selon les fours, la pâte doit rester ferme à la pression du doigt mais ne pas sécher).

Entre temps, discussions qui n'ont rien à voir avec le castel lui-même mais d'autres techniques pâtissières qui établissent une convivialité rassurante (les apprentis djihadistes, leurs instructeurs, les politiciens sans compétences, les financiers cupides, les économistes qui nous prennent pour des imbéciles, devraient plutôt se lancer dans la pâtisserie et la cuisine, ça nous ferait des vacances).

La crème au beurre pralinée : du beurre, de la praline, un caramel cuit au petit boulé (117°) ; je suis très fière de moi, j'ai osé pratiquer la "cuite", c'est à dire plonger ma main dans une jatte d'eau froide, plonger pouce, index et majeur en un centième de seconde dans le sucre bouillant , replonger les doigts dans l'eau pour en tester la consistance. C'était la phase juste avant le petit boulé, du nom délicat de morve dont c'est l'exacte consistance... Même pas mal. Nous disposions tout de même d'un thermomètre digital parfaitement au point pour les moins casse-cous.

Esuite battage des ingrédients, poème mousseux et odorant. Restait l'étape du montage, pas si simple, mais j'aime bien cette phase lente et sereine du décor. Pour un peu, je dirais que les gestes s'apparentent au cadrage minutieux, au choix de la lumière, en photographie (je ne suggère même pas l'idée de Photoshop... mais au fond, pourquoi pas : c'est juste que je ne sais pas m'en servir).

Inutile de dire que le cher Gérard nous avait recommandé un déjeuner léger sans dessert, thé ou café - il nous avait préparé une assiette de douceurs, du café (moi j'ai pris un thé très doux du nom de ma chanson préférée "Summer Time").

Parfois, le bonheur, c'est simple. Et l'ingrédient de base indispensable, c'est le partage. Si notre civilisation doit être sauvée (je préfère le terme améliorée), c'est par le partage que nous y parviendrons. De petites communautés pleines de bonne volonté, pas toujours d'accord sur les façons de procéder, mais dans la volonté inébranlable de l'échange, la discussion et le partage.

Qui veut un bout de gâteau ?

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