18 mars 2012

Récits

  Il pleut, je lave des verres, je lis. J'ai eu envie d'un feu dans le poêle et les chats m'en sont reconnaissants - Lili étalée de tout son long à l'endroit le plus chaud, le gros Garfield en boule, pas très loin. Ses pattes tressaillent, il tètent d'invisibles mamelles, en rêve, tête renversée, effroyables canines à découvert. Qui voudrait d'une suite ininterrompue de journées épiques ? Pas moi. J'ai lavé des verres, il pleut, je lis - Celles qui n'ont pas écrit, récits de femmes dans la région marseillaise de 1914 à... [Lire la suite]
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27 décembre 2011

On dirait que...

Certaines choses ne changent pas. Il y a toujours des enfants qui jouent dehors, même s'ils sont moins nombreux qu'avant (se méfier de la pollution et des pédophiles sans parler du grand méchant loup), et toujours les jeux sont rythmés par la même incantation : on-dirait-que... Je ratiboise un genêt avachi sur une cytise et je les entends, ces enfants - on dirait que les parents seraient pas là et on les chercherait et on serait seuls...non, non, on dirait qu'on irait dans un pays étranger et on serait seuls... J'aime ces... [Lire la suite]
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15 décembre 2011

Le temps n'est rien

Je feuillette les pages de l'agenda 2012 pour y inscrire les dates de futures réunions, conseils de classe, rencontres diverses ; je chemine l'air de rien jusqu'au 2 mai date à laquelle mon Corail de Darwin se trouvera en librairie. A la date du 22 avril je trouve une citation de Lucien de Samosate né vers 120, mort en 180 - cette phrase je la fais mienne sans vergogne : Poussé moi aussi par la vanité de laisser quelque oeuvre à la postérité, et afin de ne pas être le seul à ne pas profiter de la liberté d'imaginer des histoires,... [Lire la suite]
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10 décembre 2011

Un personnage

C'est une bonne épouse. Elle marche sans bruit, comme sur des semelles de crêpe, elle ouvre les porte sans qu'elles grincent sur leurs gonds, les referme sans les claquer, ne secoue pas inutilement les poignées ou les queues-de-cochon des portes les plus anciennes, celles des chambres, à l'étage. Les espagnolettes des fenêtres sont soumises à sa main, pas un raclement, rien ne couine ou ne gémit, les anneaux des rideaux glissent sur les tringles, à peine un soupir.  Les secrets, si elle les surprend, elle n'en dit rien.... [Lire la suite]
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24 novembre 2011

Le début

Attablés au Brûleur de loups, à sept, ils se partagent une roue de pizza et un pichet de vin  clair. Là, face à la mer, au port immobile, au pont transbordeur qui barre l'horizon, ils ont cessé de compter l'argent. A quoi bon, ils n'ent ont plus ; ils ont mis en commun leurs dernières pièces (raclées jusque dans la doublure des vestes) pour ce repas, une fête. Ils ne craignent rien, ils n'ont rien d'autre que leur vie et sont trop jeunes pour y attacher du prix. Ils rient, les garçons et les filles, ils rient, ils mangent avec... [Lire la suite]
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16 novembre 2011

Etonnement

Le monde a l'air intact. Un léger mistral ourle les haies - signe réconfortant, ironie suprême d'un aléa météorologique, comment être sûre ? Je tente de déchiffrer une langue nouvelle, à tâtons, seule.  Un soleil calme adoucit l'air. Qui se douterait du désert où je prêche face à de mornes élèves, soucieux de leurs seules notes, à l'image des investisseurs obnubilés par le triple A des nations à exploiter. Préoccupation relayée avec complaisance par les médias, tous les médias. L'espoir est dangereux, il ne rapporte rien. ... [Lire la suite]
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01 avril 2010

Fil et boucles du temps - L'esprit et la langue

        J'enfile mes vêtements à la lumière jaune d'une lampe, n'ouvre les volets qu'ensuite. Printemps et fine soie, à pois, dehors le Luberon en sanglier noir couvert de neige fraîche. En avril, ne te découvre pas d'un fil, ce n'est pas seulement pour la rime. En revenant à l'entrée du 1er avril 2009, je m'aperçois que je lui avais donné sensiblement le même titre,  commis la même erreur de garde-robe (je ne retiens  donc rien de ma propre histoire ni de mes sottises ou imprudences ?).... [Lire la suite]
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17 septembre 2009

D'un rêve à l'autre

La nuit devait être silencieuse - pas de pluie contre les volets, pas de machine dans les vignes - je l'ai traversée inconsciente de ce qui se déroulait dans le monde sensible, en totale immersion dans un monde créé de toutes pièces par mon cerveau. Pour un observateur éveillé quelque six heures se sont écoulées, pour moi plusieurs semaines ; cloué au lit, mon corps  à peine secoué de frissons involontaires, de mouvements esquissés, la respiration tour à tour lente ou pressée lui évoque péniblement les soubresauts... [Lire la suite]
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