liberez les mots

Herbes aux hanches , débroussailleuse trépidante à bout de bras, je n'ai besoin de personne pour dézinguer les ronces et les graminées. Sous le masque, je coule l'eau. Douche bienfaisante au tuyau sur la terrasse ; je partage avec les poissons dans leur tonneau - dans une autre vie, il a contenu du châteauneuf-du-pape. Fille dort, l'Homme prépare une chorba ; la coriandre sera du potager mais pas le reste. Je vais refaire la gelée de verveine mais cette fois, au lieu d'abricots en compote, je rôtirai des moitiés de pêches. Quand la gelée sera prise, je sèmerai un crumble. Avec un muscat de Tomino bien frais, on devrait contenter quelques palais ce soir.

Renseignements pris, les pépins de kumquats semés par l'Homme devraient donner des plantes à feuilles. Pour les fruits, il vaut mieux que j'aille chez Ferrat me choisir un arbuste. Je pourrai même le planter en pleine terre, au soleil et à l'abri du vent. Il est capable de supporter jusqu'à -12° - contre la maison, au sud-ouest, il pourrait faire son trou, qui sait. Je n'avais jamais goûté à ces fruits autrement que confits avant que Tony nous offre ceux de son jardin. On mord dans la peau fine et l'amer se mêle au jus doux et acidulé. On crache un ou deux pépins, c'est divin.

Vocalises sur la terrasse. L'Homme descend se cacher devant son ordinateur, Chat Noir me regarde sous le nez. Vieni amore, vieni amore, vieni amore... Si les nouveaux voisins faisaient la sieste, eh bien il ne la font plus. C'est la meilleure thérapie que j'ai suivie pour me sortir de ma chambre - je m'y suis terrée plus de quatre mois sous la couette à dormir 20 heures par jour. J'étais devenue chat. J'ai repris forme humaine par la voix, le souffle. Grâce à Fille et Hourson - ils ont réussi à me traîner au cours de chant lyrique, merci.

Ailleurs la vie est dure, pourquoi ?

Voilà, le fichier d'Ici-même est ouvert, je vais presser l'éponge qui me sert de cerveau. Il en sortira bien un mot ou deux.