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Mon bureau d'été - sur la terrasse, rideau de rosiers, cornouillers et pots de citronniers - je médite et travaille lentement. Pas envie de me presser.

Envie de mer, je sens des odeurs fantômes de maquis et de Grande Bleue. Mon père, aujourd'hui a pris un bain dans la piscine où samedi matin je lui ai chanté "Mio babbino caro" - il m'a dit avoir entendu comme un écho fantôme de ma voix. J'étais heureuse et intimidée (mais oui) de chanter pour lui, il était heureux de m'écouter : il reste quelque chose de ce moment. Les sens conservent la mémoire des instants précieux, surtout si on ne les attendait pas. Accepter les menus cadeaux de certaines journées, ils importent autant que les autres -  naissance d'un enfant,  premières fois que mains et bouches se frôlent.

Chat noir insolent lèche le fond d'huile d'olive de ma salade : pourquoi l'empêcher de se régaler aussi ?

Mis le courrier à jour, accompagné Fille à la Mission Locale. Elle cherche des pistes pour se préparer à son tour du monde des pratiques équestres, entre plaisir, traditions et nécessité. Elle ressort tiède de l'entrevue. Elle en savait autant que la jeune employée, ça arrive.

Chat noir boit dans mon verre. Le vent tourne les pages, et je contemple l'idée d'aller traverser le lac à la fraîche.

Samedi et dimanche, deux déjeuners à la campagne, je veux dire ailleurs que la nôtre. Famille, amis nouveaux ou de toujours, pain, vin, grillades, salades, pâtisseries et longues conversations. Le bonheur.

Envoyé à Tony de Tomino la production maison : Mistral noir, Le Corail de Darwin, Les fantômes de Sénomagus. Avec ceux qu'on aime, on partage ce qu'on a aimé faire, livres, plats, liqueurs maison. Le monde changera ou non, mais ce plaisir là, il ne faudra pas l'abandonner.

Je viens de boire dans le verre de Chat noir par inadvertance. Je ne sais même pas à quoi il pense.