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Je ne supporte pas les gens qui ont pour vocation de s'en tenir au règlement. Une façon de se tenir loin, d'aller au plus simple, de réduire la relation humaine au squelette. Ces gens m'emmerdent. Au téléphone, un spécimen de cette sorte ne m'aide en rien ; je ne sais pas si ce sont les médicaments ou l'indifférence générée par la maladie qui me coupe le sifflet. Je m'évertue à l'explication patiente et la douceur pour déclencher un réflexe d'empathie, en vain. Je vais donc me faire foutre. Excuse my French.

Heureusement, suite à la majeure partie de la nuit à courir après le sommeil, j'ai dû le rattraper puisque je me réveille à la lumière d'un soleil neuf qui succède à la pluie. Tour du potager mug de thé à la main, accompagnée des chats. L'instant est parfait.

Les chatons nouveaux dorment sur mon lit, nichés dans les oreillers. Je voudrais être eux. Je crois qu'ils ne craignent rien et peuvent se laisser aller.

Le futur n'existe pas. Qui peut dire ce qu'il sera ? De simples hypothèses invérifiables - trop de paramètres, dont les plus basiques nous échappent. Ils ne faut pas plaindre les générations qui n'existent pas encore. La génération qui a créé l'arme atomique, les arènes financières où nous sommes jetés en pâture, nous ont-elles plaintes par avance ? Non. On se débrouille pour vivre tout de même.

Certains d'entre nous freinent des quatre fers. Les autres nous toisent.