oeil

La science météorologique avait promis du soleil, au mieux c'est de la ouate dans le ciel. Uniforme. Pas gai. Mari parti en classe de neige, Fille à ses occupations, j'allume une bougie à la cannelle, médite un feu de bois dans le bureau. Les chats m'encouragent dans cette voie. Dans ma tête je ponds au moins 1000 signes, il n'y a plus qu'à les écrire.

Mais avant, assise sur le seuil devant le rosier, Faramir-le-chat à mes pieds, j'observe le manège de quatre fourmis en mode gros plan. Dans une rainure de planche, une fourmi  immobile semble morte ou endormie ; trois autres vont et viennent, se croisent avec à chaque fois un rituel impliquant leurs antennes  - salut ou inspection de reconnaissance. L'une d'elle atteint enfin la fourmi immobile, la touche et la remet en route. Magique. Les deux continuent le chemin le long de la rainure et buttent soudain sur un obstacle énorme. La patte de Faramir. Elles tâtent, palpent, hument. Visiblement s'attaquent au problème : hauteur, longueur, degré de difficulté. Elles cogitent de toutes leurs forces. J'observe, Faramir roupille. Il semble qu'un appel ait été lancé, les autres fourmis arrivent en renfort. Et ça mesure, arpente, pèse le pour et le contre : contourner l'obstacle, se lancer dans une folle escalade, plonger sous la planche. Faramir ouvre un oeil, se dit qu'il préfère continuer sa sieste sur le lit - il s'en va, obstacle évanoui. Plus rien ne barre le chemin des fourmis qui hésitent encore à en croire leurs yeux.

Et si elles avaient adressé des prières au(x) dieu(x) des fourmis ? Comme elles doivent se sentir récompensées de leur foi à présent.

L'observation silencieuse des mondes minuscules est une activité bouleversante. Maintenant, je vais peut-être me mettre au travail.