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D'ici on peut suivre le tracé de la Durance à l'amas cotonneux contenu par les berges des collines, sa vallée. Villelaure, l'échancrure vers une autre vallée, la vallée d'Aigues : à lentes volutes la poix d'une blancheur candide s'épand jusqu'au piton rocheux surmonté d'un château fort, Ansouis. La terre ferme alentour disparaît, engluée, et les remparts seuls étincellent au soleil. Dessous, les ténèbres sont blanches, on y tâtonne aussi bien.

Accoudée à la rambarde je lis les métaphores géographiques et météorologiques en sirotant mon thé matinal, en cheveux dépeignés. Je pense au visage de Bernard Henri Levy, cheveux et visage impeccablement mis en plis, la mine lasse et fiévreuse de l'aventurier préoccupé du sort de l'humanité, érigé en spécialiste des relations diplomatiques. Il conseille d'un ton docte de patienter jusqu'à ce que les jeunes insurgés apprennent à se servir eux-mêmes des armes. Tuer, être tué, une guerre pour déposer un tyran qu'on accueillait autrefois en courbant l'échine. Quel accord secret n'a pas été respecté pour que soudain il devienne indispensable et digne de jeter des bombes sur l'ancien allié ?

La foire aux illusions.

Où sont les femmes révolutionnaires dans les reportages télévisés ? Je ne vois que des mâles de tout bord, brandir leurs armes et menacer le ciel. C'est pourquoi je doute des espoirs fondés sur ces prétendues révolutions et je considère l'opinion de Rony Brauman avec beaucoup d'intérêt. Ah mais sa figure est moins télégénique que celle de BHL, j'oubliais ce détail.

Lorsque je suis allée chercher Petra à l'aéroport, au bout de dix minutes nous parlions de Sarkozy, de la Lybie, des fronts de guerre où la France joue un rôle. Elle a souri et m'a dit : vous les Français, il faut toujours que vous pensiez à la politique. Hélas, ce n'est pas vrai. Au fait, en République Tchèque, la bande qui se démène au gouvernement de notre pays est tenue en piètre estime, pourquoi est-ce que je ne m'en étonne pas ?