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En 1845, l'une des sœurs Brontë, Anne, revenue à Haworth après avoir exercé la profession de gouvernante auprès de la famille Ingham puis de la famille du Révérend Robinson, tire de cette expérience la matière d'un roman qui sera intitulé Agnes Grey. Je m'émerveille et m'épouvante à la fois : 1845, 2010 : 165 ans séparent Anne Brontë à peine déguisée sous les traits d'Agnes Grey et moi. Ce passage extrait des p. 19 et 20 de l'édition Oxford Paperback décrit exactement  la relation qui existe toujours sur le même schéma, en 2010, entre parents et enseignants : (Tom, l'aîné des enfants Bloomfield est présenté à miss Grey par sa mère ; la scène est racontée du point de vue de la gouvernante)

Tom favoured us with his company and conversation till eight. After he was gone, Mrs Bloomfield further enlightened me on the subject of her children's dispositions and acquirements, and on what they were to learn, and how they were to be managed, and cautioned me to mention their defects to no one but herself. My mother had warned me before, to mention them as little as possible to her, for people did not like to be told of their children's faults, and so I concluded I was to keep silence on them altogether.

Je traduirais ainsi (d'avance mea culpa si je fais des erreurs ou si je massacre le texte d'Ann Brontë) :

Tom nous fit la grâce de sa compagnie et de sa conversation jusqu'à huit heures. Lorsqu'il se fut retiré, Mme Bloomfield m'éclaira plus amplement sur les aptitudes de ses enfants, leurs connaissances, et aussi sur ce qu'il me faudrait leur enseigner, la façon dont je devrai m'y prendre avec eux, et me prévint de n'évoquer leurs manquements à personne d'autre qu'elle. Auprès d'elle justement, ma mère m'avait auparavant avisée de les évoquer aussi peu que possible, car les gens détestent qu'on leur parle des défauts de leurs enfants, ainsi donc j'en conclus qu'il me faudrait les taire tout à fait.

Hier, pas d'élèves mais une réunion des profs qui s'occupent de la section européenne du lycée, nous sommes enthousiastes. Un projet de partenariat avec des lycées en Espagne, Pologne, Irlande du Nord et Angleterre (le Shropshire, près de la Tanat Valley où nous étions cet été : je me sens chez moi dans cette région, mon côté Hobbit, j'imagine).
Les cerisiers ploient sous les fruits - je ne suis pas encore très en forme mais je vais en cueillir avant la pluie. En ce moment, toute mon énergie, je la concentre sur mon Corail, et bien sûr, comme je suis fatiguée, je me demande pourquoi. A cela, je me réponds que peu importe. Pourquoi toujours céder au besoin de se justifier, pour tout et à longueur de journée ? Il me semble que c'est très féminin, un besoin constant d'être rassurée. Vraiment, cela ne me vaut rien, le rhume...

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